dimanche 21 novembre 2010

mots-croisés du samedi merci gentil


Horizontalement

Vomitif : Mon shérif

Il coule en Italie :

l’épisode du vomi

Crie,

en parlant de chevreuil :

il est en deuil

Chevalier bien connu : celui-là

je ne le connais plus

Petits poissons d’ornement :

que tu m’hameçonnes comme avant

Celui dont on attend le salut :

et celui que l’on attendait plus

Il coule en Italie : et soudain

resurgit

Crie, en parlant de chevreuil :

et son panache sous les feuilles.

Verticalement

T’as le choix,

Un hold-up

Ou des clopes

Déterminant

défini :

Tu te noies

ici ( et pas en Italie).


Cheyenne

cheeze



À la fête de mon ami magicien, des poupées traînaient parterre. Elles prenaient des airs usés. On aurait dit qu’elles jouaient à l’ourson ou un drôle de jeu de rôle où il y avait un chasseur et une biche. Je regarde maintenant la photo de l’anniversaire, les dents de tous exposées à l’air libre dans un « cheeze » qui sonne comme la mort. Une photo d’une photo comme il y en a tant sur mon babillard, avec des gens qui parlent sur un fond bleu, les amants, les amis.

À la fête de mon ami magicien, personne n’écoutait personne. C’est ce qui faisait d’eux des êtres invulnérables. La piñata éventrée distribuait des collations, des tattoos de pirates, des condoms sucrés et quelques clopes indiennes. La thématique de la fête avait pour titre « Alibaba », la peinture était or et on ne pouvait marcher qu’à condition d’être chaussé de mocassins, de vieux mocassins puants et jaunes.

Un biscuit chinois ce soir-là m’avait déçu. Pour oublier, j’avais répondu à un sondage sur mes habitudes de consommation de gâteau et j’avais répondu « 3 heures » à la question : « Combien d’heures par semaine consacrez-vous au gâteau? ».

À la fête de mon ami magicien, mon ami magicien m’avait joué un tour, un tour sans magie, rien qu’une tournure de phrase, un tour de mots. Je savais que plus jamais je n’allais le revoir et il m’avait dit « À bientôt ».

Cheyenne

lundi 15 novembre 2010

Bohemian Champagne

I met him at the bottom of a bottle of wine.
It was bloody well right.

samedi 13 novembre 2010

Citation of the day

" Moi j'ai baisé un jeune de 19 ans dans la mer Adriatique. Je n'avais rien de mieux à faire"

jeudi 11 novembre 2010

My dear, dearest of all the dears, fuck you.

Cette fin de semaine là, il a plu.
Il a plu comme jamais avant, jamais plus.
Les dalles humides, luisantes.
La pluie rendait Prague laide. Elle était laide.

J'alignais les efforts de nicotine, rien ne pansait mes vieilles égratignures comme le goût de goudron d'une européenne. Ou ton visage maculé de boue, sale.

J'ai fréquenté le cinéma, le café, le bar et les anglais. La montagne au teint rougeoyant hantée la nuit par les bougies et les chiens, la ville monochrome vue du métronome. Les yeux dans la Vltava, l'esprit forcément ailleurs.

Si je voulais te faire des reproches et des gros yeux, j'en aurais tout à loisir. La liste serait longue, d'une calligraphie mouchetée de haine et de ressentiment, des virgules frémissantes et des mots mal choisis. Je choisis de ne pas le faire, par respect pour moi et pour Prague qui a assisté à nos déboires et qui n'en peut plus de nous deux, de notre quasi-romance insensée, de nos regards mielleux;

Elle a besoin d'une pause, et je compatis.

J'ai recommencé à fumer comme la vraie française que je suis, je me donne des airs, je suis au-dessus du château. Je ne t'attends plus. J'abandonne, les mains dans les poches, sans même un soupir.

Un autre adieu, seulement.
J

lundi 8 novembre 2010

Slam de Grande Dame

Brought to you by Cirque du Soleil and Virgin intl.
A spotlight on new uprising WordStars,
underground session at

O PatroVys, Montréal


UNFUSIONING FLESH & MIND FOR CAPITALIST ACHIEVEMENT | Je pense, donc je suis


Ma Chair,

il est devenu indispensable pour moi de vous faire part de mes intentions. Vous m'avez si bien servi, et ce, depuis si longtemps déjà. J'ai bien su, maintes fois, vous dorloter, vous entretenir et même vous effleurer amoureusement, mais sans jamais égaler votre dévouement. Ce fut doux, n'est-ce pas?

Maintenant, je me suis gâté, je pourri peu à peu des fruits de ma tentation.
On m'avait pourtant averti, sommé de ralentir la cadence, mais il ne me semble plus possible d'avoir le choix.

Je me sépare de vous bien malgré moi. Je met fin à notre tantrisme.
Vous étiez mes sens, mon intelligible sensibilité de toutes choses.
Vous étiez mon souffle et mon rythme.
Je dois m'y faire et vous laissez partir.

Ne regrettez rien, vous serez toujours bien près.
D'une manière plus accessoire, j'en convient, mais, Ma Chair,
je me dois de vous livrer aux viles animosités du monde.

Oh! Je vous vois pleurer.
Ne craignez rien, je reviendrai,
vous consolerai, vous aimerai bien
malgré votre déchéance imposée.

Je suis lâche et fou,
je me déchire pour quelques sous.


Yd.




illustration: Jeff Bark, Abandon. www.jeffbark.com